29.12.2006

Du réel .

Ou plutôt , de l' art de l' esquiver .

On s' agite beaucoup , en Polynésie française , autour du mode de scrutin qui prévaudra à l' occasion des prochaines élections territoriales , prévues en 2009 , mais qui pourraient se dérouler bien avant .

On a tendance à penser, ou l' on feint de penser , syndrome d' impuissance , qu' un retour à la proportionnelle mettrait fin à l' instabilité politique .

La prime majoritaire serait une abomination .

Le problème pourtant n' est pas là , pas davantage dans le choix a priori plus tentant d' un système mixte bien connu , qui combinerait ces deux modes de scrutin .

On le sait là où le système démocratique existe depuis longtemps .

Ces vaticinations sont touchantes de naïveté .

En réalité il est des choses très simples qu' on n' aime pas entendre :

1. C'est la valeur des hommes qui assure le bon fonctionnement d' un système .
    S' agissant de la démocratie , seuls des parfaits  pourraient en assurer le bon fonctionnement , or les humains ne
    sont pas de petits thélémites accomplis .
    Dans cette hypothèse eschatologique d' ailleurs serions - nous en démocratie au sens où nous l' entendons ? ( plus
    de débat, une pensée unique , le morne ennui qui préside au bien étalé en tranches  par des robots , les robots du
    bien ) .

2. Alors donc que le jeu démocratique est fondé sur la capacité du citoyen à observer et à ne trancher qu' en raison ,  donc en fonction de critères objectifs , la Polynésie est une jeune démocratie , et souffra encore  d'
    un manque de maturité politique , d' expérience si vous préférez , en cet exercice .
    C' est ainsi  je le crois qu' il convient d' envisager la versatilité des uns et des autres , les comportements aberrants
    au regard de l' éthique .
    Les Représentants à l' Assemblée de Polynésie française ont été élus , non par la prime majoritaire , mais par les
    électeurs ( que l' on appelle " peuple " lorsqu' on les agrège artificiellement ) .

Dans ces conditions on ne saurait donc envisager , quel que soit le mode de scrutin , un fonctionnement harmonieux des institutions avant quelques décennies .

La période en cours serait critique , d' où le succès de thèmes rétrogrades anti - démocratiques toujours vivaces sur un terreau prêt à les accueillir .

On sait par ailleurs que l' élévation du niveau de vie , et l' accès à l' esprit crtique sont bien souvent source de changements , voire de rupture : le succès de Monsieur Temaru a bel et bien été initié par des nantis de tous bords , Polynésiens de souche et non Polynésiens  , ceux qui lui ont accordé leurs suffrages " pour voir " ( quelle intelligence ! ) et ceux qui à l' Assemblée ont pactisé avec lui .

Pas seulement par les exclus que certain qui régna de 2004 à décembre 2006 avait enfermés et confortés dans leur exclusion pour les manipuler .


Mais ces remarques renvoient à la faiblesse et à la médiocrité  des hommes , à notre médiocrité , évoquée plus haut .

Paradoxalement Monsieur Flosse aura jusqu' à nouvel ordre été victime de son oeuvre en faveur de la démocratie .
Paradoxalement , puis qu' il est d' usage encore de l' accuser de l' avoir confisquée ( on vient pourtant d' avoir un avant - goût du totalitarisme ) .

Et encore : il ne s' agit pas ici d' accabler qui que ce soit , raison pour laquelle je m' abstiendrai d ' évoquer notre Inégilible en mal de reconnaissance , d' autant que la différence entre une " jeune " démocratie " comme ce Pays et une démocratie bien " avancée " à l' image du fruit trop mûr dont parle Prévert , situé à quelque 18000 kilomètres , n' existe pas .   

 

 

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