23.12.2006
Le 26 décembre et la Polynésie française .
En moins de trois ans le Polynésie française aura connu l' arrivée de Monsieur Temaru , le retour de Monsieur Flosse , son effacement au profit de Monsieur Temaru et très récemment le vote d' une nouvelle motion de censure mettant fin à l' existence du Gouvernement Temaru , vote dans lequel on a pu voir une réaction contre la xénophobie et le racisme , tout autant que la condamnation d 'une politique économique et sociale régressive .
Autant de moments démocratiques , avec une parenthèse anti-démocratique pendant le retour de Monsieur Flosse, le battu ayant refusé de céder sa place , se mettant donc en marge de l' épure républicaine ( rien d' étonnant pour ceux qui connaissent les options de Monsieur Temaru , et qui d' ailleurs , l' ayant installé au pouvoir , n' ont pas pipé mot : qui ne dit rien consent ) .
Tout observateur digne de ce nom , tout journaliste soucieux de n' être pas plume stipendiée , ou du moins soucieux d' être objectif , ne peut semble-t-il que donner son accord à ce constat .
Tentons donc , une fois de plus , d' expliquer ce qui fit le succès de Monsieur Temaru .
Certains faits semblent indéniables , et interfèrent :
L' enfermement du pouvoir précédent , déconnecté en partie du réel par l' écran des courtisans , ce qui fut cause d' un rejet ( le fait que ce rejet ait pu surprendre conforte cette thèse ) , et son incapacité à s' ouvrir sur l' extérieur dans le domaine de la communication ( ce qui n' ôte rien à l' exceptionnelle avancée entreprise sous la direction de Monsieur Flosse en tous domaines ) .
L' écrasante responsabilité de ceux qui à deux reprises ont permis à Monsieur Temaru , dont tout les sépare a priori , d' accéder au pouvoir puis de se maintenir : il s' agit de Madame Bouteau et de Monsieur Schyle , qui ont trahi leur électorat en ces occurrences en faisant le lit d' un pouvoir dont seul le parti socialiste français ne voit pas qu' il est xénophobe, raciste et anti- républicain ( le 26 décembre , Monsieur Schyle aurait l' occasion de prouver son intelligence politique ) .
Le jeunesse de la démocratie en Polynésie française et la prégnance de passions , haines et rancoeurs ( cf supra ) qui prennent le dessus sur la réflexion et l' argumentation en vue de l' intérêt général ( à souligner que cette jeunesse de la Polynésie française en tant que Pays démocratique permet d' augurer de lendemains plus sereins , après bien des épreuves sans doute ) .
Le primat accordé aux intérêts particuliers et à ce qu' on appelle ici " l' alimentaire " en relève ; il explique en partie le comportement des îliens .
Le rôle du syndrome du bouc émissaire chez cette jeune population , des engouements irrationnels et irréfléchis à l' occasion de choix déterminants ( un exemple : on sait l' inculture notable et notoire de nombreux Représentants à l' Assemblée de Polynésie , phénomène lié au précédent ) .
Le fait que Monsieur Flosse semble actuellement et pour quelque temps encore le seul homme politique politique capable de redonner de l' élan à ce Pays est un facteur qui paradoxalement complique les choses , tout particulièrement au sein de la majorité en train de se constituer .
Pour cette aveuglante raison le redressement du Pays passera par l' acceptation de cette évidence , au nom du réalisme .
Le 26 décembre , peut- être , Monsieur Gaston Tong Sang sera élu Président de la Polynésie française .
Si tel est le cas , mais qu' il échoue dans l' action de salut public qui l' attend , je veux dire qu' il joue le rôle d' un nouveau bouc émissaire , à l' intérieur de son propre camp cette fois , hypothèse qui en vaut d' autres , on peut craindre le pire , d' où la nécessité de ne pas retourner dans les divisions stériles d' hier , de les dépasser .
L' homme politique ( c'est un générique ) qui reconnaît son erreur en sort grandi .
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