27.11.2006
De Paris à Papeete .
A Paris on constate depuis 1945 , Monsieur Bayrou en sait quelque chose , la difficulté d' une " troisième voie " .
Le contexte pourtant serait propice à l' émergence de cette forme de pensée : ce contexte est républicain, et tous les grands partis , y compris le front national, s' en réclament .
En Polynésie cette tentation existe également , en particulier depuis 2004 .
Elle semble impossible à mettre en oeuvre dans l' immédiat .
En effet, le problème du moment et le seul , est de savoir si la Polynésie française veut et va rester française , ou va accéder à l' indépendance " avant 2010 ", selon le voeu ardent du Président du Pays .
On voit donc mal dans ces conditions la place d' une " troisième voie " à très court terme .
Il y a des urgences absolues autrement plus importantes .
S' il y a entente avec le pouvoir en place c'est un leurre , ce que Monsieur Schyle et d' autres encore semblent avoir enfin admis , ou être en voie de le faire .
Sinon la " troisième voie " ne peut être aujourd' hui que composante d' une majorité attachée au maintien de la Polynésie dans la Rébublique et refus d' un processus entamé largement depuis trente mois .
Une troisième voie renvoyant dos à dos certain parti autonomiste et un parti indépendantiste radical , après avoir confié le pouvoir à ce dernier était au bas mot répétons - le , soyons aimable , une erreur d' analyse ...dont on n' a pas fini de payer le prix ...pour autant qu' on le puisse encore .
Il appartient donc aux tenants de cette " troisième voie " qui semblent avoir un regard plus juste de la situation , de permettre d' abord et sans ambiguïté les conditions d' une telle majorité .
Ensuite, cette " troisième voie " devra tenter de trouver une place , sa place , au sein d' une éventuelle nouvelle majorité républicaine issue des urnes .
Les électeurs, et eux seuls, diront son importance et quelle sera sa représentation .
La troisième voie n' est qu' une idée agitée par des personnes certes très respectables, mais à qui il appartient de la mettre en oeuvre à partir d' un projet .
C'est dire l' importance des mois à venir .
Des choix doivent être faits , ce qu' à sa façon semble dire le Sénateur Flosse dans une lettre non innocente publiée vendredi par un quotidien local en s' adressant indirectement aux autonomistes sans exception , voire aux indépendantistes désireux de maintenir des rapports de confiance avec la France en évitant la régression et la violence ( C'est du moins mon interprétation, très différente il est vrai de celle de l' éditorialiste du quotidien en question ) .
Il y a urgence , et les arguments consistant à rappeler que l' inquiétude n' a pas de raison d' être , que l' Etat est là , et que seuls les Polynésiens sont et seront maîtres de leur devenir jusqu' à la nuit des temps, s' ils sont satisfaisants pour l' esprit et indiscutables en théorie , me semblent en l' occurrence oublier que très souvent le réel dément le théorique .
L' histoire est là en permanence pour nous le prouver .
Focaliser sur le résultat ( imprévisible et pour cause ) du second tour de la présidentielle française serait par ailleurs je le crains une autre erreur : ce serait temporiser, se défausser, refuser de voir la réalité , jouer aux dés en laissant faire .
La démocratie, c' est autre chose : l' engagement la fait vivre .
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