17.01.2006
La panne du sens: antienne ( 2 ).
Ce constat s' applique non seulement aux immigrés de la troisième génération, dont certains manifestent un refus et un mépris en actes d' un désert en manque d' idées force, et que le concept de cohésion sociale ne saurait qu' imparfaitement peupler ( il s' agit de montrer la cohérence d' un plan qui renvoie à un dessein plus global ), mais également à la plupart des non- immigrés que nous croyons être, dont l' attitude à l' occasion des derniers scrutins, présidentiel et référendaire entre autres, est significative.
La situation est chaude, ou, variante possible, doucement entropique.
Cela s' inscrit enfin dans le cadre, que nous maîtrisons mal, d' un contexte planétaire marqué en particulier par l' émergence de géants qui tendront à s' affirmer demain.
Que faire ?
Monsieur le Président, vous seriez plus persuasif encore, et le Premier Ministre y gagnerait encore en crédibilité ce qui est indispensable, donc en efficacité - vous qui entendez lutter contre la pensée du déclin et contre ce dernier - si d' abord vous aviez l' audace, inouïe je vous le concède en ces temps orphelins, de dire toute la réalité de la situation, ainsi que les tendances lourdes qui conditionnent largement demain.
Vous pourriez alors proposer une autre approche à nos concitoyens.
Vous rappelez certes en permanence la nécessité de se référer aux valeurs républicaines.
Mais osez dire qu' elles ont vécu faute peut- être d' avoir vécu. Qu' il s' agit de les réveiller et de les actualiser.
Vous donneriez ou redonneriez alors un sens aux mots de la tribu donc aux mesures proposées en maints domaines. Une mesure doit avoir une " résonance " pour être entendue vous le savez mieux que quiconque. Prouver à nos compatriotes que les propositions du Premier Ministre, par delà les problèmes traités ( école, chômage, violence...), s' inscrivent dans une vision qui rompt d' avec les pratiques ponctuelles d' hier ( la seule rupure qui vaille est là, entre des pratiques sans fil conducteur et un fil conducteur qui génère d' autres pratiques ) passe par là.
Le risque est réel, la marge de manoeuvre étroite, mais l' adhésion populaire est à ce prix. Elle est indispensable pour l' heure.
La solution, si elle existe, est donc certes dans un changement de regard, mais également dans une déclinaison réaliste du présent, faute de quoi les réactionnaires , les frileux , les esprits malingres, les personnes aux idées si avancées qu' elles sont arrêtées et interdisent tout dialogue, parleront de replâtrage et cautères sur jambe de bois.
Ils s' y emploient déjà. Mettez définitivement fin à la quatrième République des boutiquiers, revenue subrepticement.
Parler vrai à une population sans repères, et que pour cette raison entre autres le futur angoisse, implique que la vérité du présent soit d' abord, et de façon exhaustive, énoncée. C'est de votre responsabilité.
C'est la condition du rêve, et le succès de l' action en cours passe par là. Sinon le temps des appareils politiques aveugles au service de politiciens médiocres et arrivistes ( et le drame avec les arrivistes, c' est qu' ils arrivent, parfois...) va accélérer le processus en cours. C' est un déclinophobe qui s' exprime ainsi.
Qui demain sera l' élu ? Un Requin ? Je souhaite un Oiseau " passeur " et rassembleur, qui dira son projet pour la France et rompra d'avec les techniques marchandes pour se faire réélire, ou élire.
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